De gauche à droite : Fabrice Mouret, directeur de l’usine de Mazamet, Mylène Bruguière, responsable qualité de l’usine de Mazamet, Guillaume Lamy et Nicolas Cormouls-Houlès, directeurs généraux

Réorganisation chez Soficor. La société (272 salariés, dont 180 sur le site de Mazamet, 149 M€ de chiffre d'affaires en 2018), plus connue sous le nom de sa marque phare "Menguy's", spécialisée dans les produits pour l'apéritif (graines salées, olives préparées, maïs soufflé, cacahuètes enrobées, pop-corn micro-ondable...), tourne à plein régime sur ses lignes de gros conditionnements.

« Pour nous, cela a été une surprise. Nous faisons partie des 13% d’entreprises agroalimentaires françaises qui ont vu, selon l’enquête réalisée par l'Association Nationale des Industries Alimentaires, leur marché progresser pendant le confinement », témoigne Nicolas Cormouls-Houlès, qui codirige l'entreprise avec Olivier Igon et Guillaume Lamy. Le site de Mazamet est d'autant mieux équipé qu'il vient de boucler un important programme pluriannuel d'investissement pour doper sa capacité de production, tout en facilitant les opérations de nettoyage déterminantes dans les industries agroalimentaires et améliorer les conditions de travail. « Cela n'a pas été facile pour autant, précise Nicolas Cormouls-Houlès. Nous avons dû réorganiser très vite les ateliers et les équipes, étendre à tout le personnel la protection individuelle avec des masques et des gants, fermer une ligne de production sur deux, réduire le temps de travail de 8h à 7h pour éviter les croisements au changement d’équipes, mettre en place les nouveaux protocoles de désinfection des postes de travail et des vestiaires et nous repositionner sur certains produits pour faire face à la demande ». Car avec le confinement, les consommateurs ont modifié leurs habitudes. Les petits conditionnements de 100 grammes sont délaissés au profit des formats de 200 ou 500 grammes et les achats se concentrent sur quelques produits très ciblés : les ventes de cacahuètes ont progressé de 50% en volume et celles du popcorn en boîte multi sachets, de 200%. Des adaptations qui ont mobilisé les équipes dans un contexte particulier : la société fonctionne avec seulement 70% des effectifs en production et 50% des personnels des services administratifs sont en télétravail. « Heureusement, la mobilisation de l'ensemble des salariés a permis de faire face à cette situation inédite avec beaucoup d’implication et de réactivité », souligne Nicolas Cormouls-Houlès. « Le plus difficile, reconnaît le directeur général, c'est de manquer de visibilité. Nous n'avons aucune idée de la manière dont les consommateurs vont réagir au déconfinement. Cela va certainement nous demander de fonctionner de plus en plus en mode agile ».